Coefficient de Gini des entreprises

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Le coefficient de Gini mesure le degré d'inégalité de la distribution des revenus. C'est un nombre variant de 0 à 1, où 0 signifie l'égalité parfaite (tout le monde a le même revenu) et 1 signifie l'inégalité totale (une personne a tout le revenu, les autres n'ont rien).

Classiquement le coefficient de Gini mesure l'inégalité au niveau d'un pays (voir le Coefficient de Gini sur Wikipedia).

Ici nous cherchons à établir le coefficient de Gini des entreprises, pour mettre en évidence le degré d'inégalité au sein de chaque entreprise.

Appel à votre connaissance 
Si vous savez comment est, ou peut être, calculé le degré d'inégalité au sein d'une entreprise merci de compléter cette page en cliquant sur modifier en haut ; n'hésitez pas c'est très simple.


Sommaire

[modifier] Définition

Ce coefficient doit prendre en compte l'inégalité totale donc tenir compte de tous les éléments :

  • inégalité dans l'entreprise considérée
  • inclure aussi l'inégalité chez ses fournisseurs et sous-traitants
  • revenus des employés, cadres et dirigeants, en salaires, primes, bonus et options d'achat d'actions (stock option)
  • avantages des employés, cadres et dirigeants
  • dividendes aux actionnaires, primes de participation et d'intéressement aux bénéfices

[modifier] Avantage

La pression publique pourrait s'exercer très efficacement contre les entreprises dont l'essentiel des revenus est concentré entre peu de mains, et utilisant une masse de travailleurs pauvres du pays ou de pays en voies de développement.

Qui voudrait acheter un produit entaché d'une telle inégalité ? Il n'y aurait pas besoin de faire des lois contre les primes excessives des dirigeants.

[modifier] Principe

La comptabilité des entreprises fournit déjà toutes les informations de base nécessaires au calcul (salaires, dividendes...).

Les seuls éléments à mettre en place sont :

  • fournir la règle de calcul aux entreprises
  • demander à ce que chaque entreprise :
    • calcule mensuellement son coefficient
    • le transmette à ses clients sur chaque devis, bon de commande et facture
    • ajoute une information coefficient de Gini dans son fichier fournisseur pour y stocker l'information reçue du fournisseur
  • expliquer aux consommateurs la signification du coefficient

[modifier] Mode de calcul

[modifier] Trois composantes

Le calcul doit refléter l'inégalité réelle donc combiner trois éléments :

Répartition des salaires et avantages entre les employés
Il s'agit d'un calcul classique de coefficient de Gini donc se référer aux explications sur Wikipedia
Répartition des bénéfices entre les actionnaires et les employés
Il faut que le coefficient soit adapté à tous les types d'entreprise, qu'elles aient besoin d'un capital élevé (sidérurgie) ou faible (consulting). Le coefficient doit donc tenir compte du montant des bénéfices à distribuer mais aussi du ratio entre le capital et la masse salariale. Calculer le gini sur deux valeurs : dividendes/capital, (intéressement + participation)/masse salariale
Coefficients de Gini des fournisseurs
Le coefficient d'une entreprise doit tenir compte du coefficient de chaque fournisseur en proportion du montant payé au fournisseur. Ainsi un fournisseur utilisé pour des produits annexes aura moins d'influence que le sous-traitant principal ; pour cela faire une moyenne pondérée des coefficients. Afin d'éviter que l'entreprise contourne le système en externalisant les bas revenus dans une filiale, le coefficient doit aussi tenir compte de la différence de niveau de revenu entre l'entreprise et son fournisseur ; pour cela pondérer le coefficient du fournisseur par la différence de revenu entre l'entreprise et son fournisseur. (où trouver l'information ?)

[modifier] Calcul final

Une fois ces 3 éléments calculé, le coefficient final est calculé en proportion des 3 sommes concernées. Par exemple si la répartition des sommes est 70% en salaires, 20% en sous-traitance, 10% en bénéfice redistribué, le coefficient de gini de l'entreprise sera :

0,7 * coeff des salaires + 0,2 * coeff des fournisseurs + 0,1 * coeff des bénéfices

[modifier] Fréquence du calcul

Un recalcul mensuel est nécessaire pour que le calcul puisse remonter rapidement la pyramide des fournisseurs et sous-traitants jusqu'au consommateur final.

[modifier] Exemple

Par exemple une entreprise qui extrait des minerais de fer a un certain coefficient d'inégalité. Elle transmet son coefficient à son client qui produit des plaques de métal. Cette entreprise calcul son coefficient et le transmet à son client qui fabrique des carrosseries. Celui-ci fait de même vers son client qui fabrique des voitures.

Le consommateur a le choix entre un constructeur qui a un coefficient d'inégalité de 0,35 (fortement inégal) et un autre de 0,20 (moins inégal). En choisissant de préférence un constructeur moins inégal le consommateur sait qu'il ne se rend pas responsable d'une exploitation abusive de travailleurs par des patrons et actionnaires sans beaucoup de morale.

Cette attitude n'est pas abstraite. Chacun connait directement des personnes dans son entourage qui se sentent exploités injustement. Chacun est aussi plus ou moins sensible à la misère qui règne dans les bidonvilles français, indiens, etc...

[modifier] Conditions pour que cela fonctionne

Plusieurs conditions sont requises pour que ce système soit efficace :

  • qu'il soit progressivement adopté par plusieurs pays
  • que ce coefficient soit progressivement inscrit sur tous les produits et services achetés (fruits et légumes, voiture, appartement, voyage, pharmacie, prostitution dans les pays où elle est légale...).
  • déployer ces coefficients progressivement, par exemple en ne considérant que les trois plus importants fournisseurs et sous-traitants de chaque entreprise.

[modifier] Evolution

Dans un deuxième temps, pourquoi ne pas définir un Coefficient de Gini maximum à ne pas dépasser ?

Et pourquoi pas, calculer et publier le Coefficient de Gini des :

[modifier] Effets pervers

Comme dans tout système il faut éviter les effets secondaires pervers. Le mode de calcul proposé ici les évite.

Effets pervers possibles :

  • création de cascades de sous-traitants "écran"
  • scinder son entreprise en 2 entreprises distinctes, l'une regroupant les hauts salaires et les bénéfices (donc les dividendes), et l'autre les bas salaires
  • multiplication des fournisseurs pour noyer le poisson
  • ...

[modifier] Critique de ce système

Exposez vos arguments contre et pour ce système dans un paragraphe pour chaque sujet (Issuepedia n'est pas un forum mais une encyclopédie ; vous pouvez aussi "discuter" sous forme de forum dans l'onglet "discussion").

[modifier] Ce système est complexe, usine à gaz

Réponse : c'est beaucoup plus simple qu'une déclaration d'impôt ou qu'une comptabilité d'entreprise ; il n'y a qu'une information à transmettre à ses clients (on lui communique déjà la référence du produit, son prix, la date de livraison, les conditions générales, l'adresse de livraison, etc..., toutes choses plus complexes que la simple valeur d'un coefficient). Et il y a une règle de calcul à appliquer aux coefficients des fournisseurs et aux salaires et dividendes.

[modifier] Les pays du monde ne voudront tous pas jouer le jeu

Réponse : commençons pas un pays, et utilisons le coefficient de gini du pays quand le coefficient du fournisseur n'est pas encore connu (0,2 en Pologne, 0,36 en France, 0,5 en Chine, 0,6 au Brésil ; source Wikipedia).

[modifier] Cela ne servira à rien

Réponse : cela génèrera une pression publique contre ceux qui exagèrent. Il n'est pas question de demander aux entreprises un niveau "0", mais de supprimer les excès rencontrés depuis 30 ans, ceci sans avoir besoin de légiférer (loi) contre les primes aux dirigeants.

[modifier] C'est inadapté aux grandes surfaces

Réponse : l'emballage d'un produit vendu en grande surface peut indiquer le coefficient du fabricant ; par ailleurs la grande surface peut afficher sur des panneaux et dans ses publicités la valeur de son propre coefficient.

[modifier] Ce coefficient ne tient pas compte du risque de de l'inflation

Les actionnaires doivent être rémunérés pour le niveau de risque qu'ils prennent, qui peut être plus ou moins important suivant les branches d'activité. Ils doivent aussi être rémunérés en fonction du niveau plus ou moins élevé d'érosion de leur capital par l'inflation. Réponse : l'entreprise sur une longue période a un niveau de rémunération moyen du capital quasiment identique quel que soit le risque, et les dividendes versés peuvent être lissés sur plusieurs années. La rémunération peut donc être faiblement dépendante du risque. Concernant l'inflation, une inflation élevée devrait donner lieu à une rémunération du capital plus élevée, mais aussi à une augmentation de la masse salariale dans les mêmes proportions. La proportion entre rémunération du capital et du travail devrait donc rester constante.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes