Extension des biens communs informationnels
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Cet article concerne l'extension progressive des biens communs à toutes informations et connaissances, à l'exception de la vie privée des personnes.
L'extension des biens communs informationnels, ou communs de la connaissance, est un comportement Gagnant-gagnant où chacun gagne plus qu'il ne perd. La crainte de l'inverse est compréhensible mais n'est pas fondée.
- « Lorsqu’on partage un bien matériel, il se divise. Lorsqu’on partage un bien immatériel, il se multiplie. », Serge Soudoplatoff
[modifier] Définition de Biens communs informationnels
Synonyme : Biens communs immatériels
- (Extrait de l'ouvrage Internet & Création publié le 28 octobre 2008 aux Editions InLibroVeritas sous une licence Creative Commons. ISBN : 978-2-35209-177-6. Texte complet sur http://grit-transversales.org/IMG/pdf/Causecommune-CC-By-NC-ND.pdf)
- Les Biens communs informationnels sont les bien communs qui peuvent être créés, échangés et manipulés sous forme d’information, et dont les outils de création et le traitement sont souvent eux mêmes informationnels (logiciels). Il peut s’agir de données, de connaissances, de créations dans tous les médias, d’idées, de logiciels. Les biens communs informationnels sont des biens publics parfaits au sens économique, contrairement aux biens communs physiques, qui gardent t
[modifier] Différence avec les autres biens communs
Extrait de Une bonne nouvelle pour la théorie des Biens Communs :
- Il existe une différence majeure entre ces Communs de la connaissance et les Communs naturels, qui a été pointée par Elinor Orstrom : les biens numériques ne sont plus soustractibles. L’usage par l’un ne remet nullement en cause l’usage par l’autre, car la reproduction d’un bien numérique (un fichier de musique, un document sur le réseau, une page web,...) a un coût marginal qui tend vers zéro. On pourrait en déduire que ces Communs sont « inépuisables », et qu’une abondance numérique est venue. Or si l’on considère les Communs comme un espace de gouvernance, on remarque au contraire que ces nouveaux Communs de la connaissance sont fragiles. Il peuvent être victimes de ce que James Boyle appelle « les nouvelles enclosures ». Les DRM sur les fichiers, l’appropriation du réseau par les acteurs de la communication, la diffusion différenciée des services selon la richesse du producteur, l’appropriation privée des savoirs (brevets sur la connaissance) ou des idées et des méthodes (brevets de logiciels), le silence imposé aux chercheurs sur leurs travaux menés en liaison avec des entreprises,... sont autant de dangers qui menacent ces nouveaux Communs au moment même où leurs effets positifs sur toute la société commencent à être mis en valeur.
[modifier] Connaissances concernées
On peut citer :
- logiciels
- publications de recherche
- OGM
- Les gènes humains devraient être considérés comme un bien commun de la recherche et de la santé publique (voir http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=13011)
- les médicaments
- la connaissance
- travaux d'auteurs et d'interprètes
- projets et documents collectifs
- productions des organismes publics
- etc...
[modifier] Pourquoi cela fonctionne
[modifier] Des pyramides vertueuses
Prenons l'exemple de GoldenDict, un logiciel de traduction par simple clic, un Babylon mais en mieux car gratuit (sous licence GNU GPL) ! Comment une entreprise privée peut-elle rivaliser longtemps avec un logiciel disponible gratuitement et légalement, qui a été bâti en grande partie en réutilisant d'autres composants eux-mêmes gratuits et légaux (dont le logiciel de traduction StarDict sous licence GNU GPL).
Cette pyramide de gratuit peut s'enrichir à l'infini relativement rapidement, un peu comme une réaction en chaine qui s'emballe. Cette boule de neige produit ainsi des logiciels de plus en plus sophistiqués, offrant une myriade de fonctionnalités comme recherche des synonymes, traduction de phrases, recherche dans des encyclopédies en toutes langues (http://fr.howto.wikia.com/wiki/Traduire), etc., le tout en un simple clic.
Cet exemple à lui seul devrait convaincre que la mise en commun réutilisable librement conduit forcément à un enchainement vertueux de plus en plus rapide et surtout profitable à tous, riches ou pauvres (dès l'instant où l'accès est leur possible).
Autre exemple qui aboutira peut-être : la création d'une voiture complètement open-source, c'est à dire dont les plans peuvent être réutilisés et modifiés par quiconque (http://www.cmmn.org/nc/en/home.html). Souhaitons leur un immense succès !
[modifier] Des communautés qui négocient
Source principale http://www.fmsd-france.org/?p=61
Les communs sont avant tout des lieux de négociations (il n’y a pas de communs sans communauté), gérés par des individus qui communiquent, et parmi lesquels une partie au moins n’est pas guidée par un intérêt immédiat, mais par un sens collectif.
La notion de Communs devient attachée à une forme de « gouvernance » particulière : il s’agit pour la communauté concernée de les créer, de les maintenir, les préserver, assurer leur renouvellement, non dans un musée, mais bien comme des ressources qui doivent rester disponible. Il n'y a de Communs qu'avec les communautés qui les gèrent, qu'elles soient locales, auto-organisées ou ayant des règles collectives fortes, y compris des Lois et des décisions de justice. Les Communs sont des lieux d’expression de la société, et à ce titre des lieux de résolution de conflits.
La théorie des Communs connaît un nouveau regain depuis la fin des années 1990, quand on a commencé à considérer les connaissances, les informations et le réseau numérique internet lui-même comme un nouveau Commun, partagé par tous les usagers, et auprès duquel chaque usager a des droits (libre accès au savoir, neutralité de l'internet, production coopérative, à l'image de Wikipedia,…) comme des devoirs. Il existe une différence majeure entre ces Communs de la connaissance et les Communs naturels, qui a été pointée par Elinor Ostrom (prix Nobel 2009) : les biens numériques ne sont plus soustractibles. L'usage par l'un ne remet nullement en cause l’usage par l’autre, car la reproduction d’un bien numérique (un fichier de musique, un document sur le réseau, une page web,…) a un coût marginal qui tend vers zéro. On pourrait en déduire que ces Communs sont « inépuisables », et qu’une abondance numérique est venue. Or si l’on considère les Communs comme un espace de gouvernance, on remarque au contraire que ces nouveaux Communs de la connaissance sont fragiles. Il peuvent être victimes des « nouvelles enclosures » : les DRM sur les fichiers, l’appropriation du réseau par les acteurs de la communication, la diffusion différenciée des services selon la richesse du producteur, l’appropriation privée des savoirs (brevets sur la connaissance) ou des idées et des méthodes (brevets de logiciels), le silence imposé aux chercheurs sur leurs travaux menés en liaison avec des entreprises,… sont autant de dangers qui menacent ces nouveaux Communs au moment même où leurs effets positifs sur toute la société commencent à être mis en valeur.
[modifier] Comment étendre les biens communs
Le déploiement des licences ouvertes comme Licence CC0, GNU-GPL/FDL, Art Libre, Creative Commons Avec Partage à l’Identique, est une étape utile avant le domaine public. En effet, cela garantit que toute modification de l'oeuvre est autorisée à condition qu'elle reste sous la même licence libre.
Autre moyens d'étendre les biens communs (L'économie politique des biens communs source april.org) :
- avoir une politique de préférence systématique pour les protocoles et standards ouverts, plutôt que fermés
- soutien des plate-formes logicielles libres qu'aucune personne ni entreprise ne peut contrôler unilatéralement
- annulation ou refus d'adopter des mesures coercitives qui favorisent les systèmes propriétaires au détriment des systèmes ouverts. Celles-ci incluent les brevets sur les plate-formes logicielles
- abroger les réglements destinés à soutenir les modèles économiques du vingtième siècle. Ces lois ont été promulguées sous la pression intense des intérêts existants (voir monopoles), et ont ignoré le potentiel énorme pour la production non marchande et la production individuelle décentralisée, à devenir les composantes centrales, et non plus périphériques, de notre environnement informationnel
- initiatives des scientifiques pour libérer la science du vieux modèle industriel de publication. La Public Library of Science et l'Initiative de Budapest pour l'Accès Ouvert promettent de fournir un cadre dans lequel les scientifiques peuvent gérer leurs propres systèmes de publication sans dépendre des grands éditeurs commerciaux
- dans l'édition, Creative Commons est un cadre institutionnel facilitateur d'une importance énorme
- dans le cadre des communications personnelles informelles, l'univers des blogs apparaît comme un espace social intéressant pour une production d'information libre, indépendante et largement diffusée (journalisme citoyen)
- structures sociales et institutionnelles qui permettent aux individus et aux groupes de produire de l'information, libérés des contraintes imposées par le besoin de vendre l'information comme un bien sur un marché basé sur la propriété
[modifier] Démarches visant à étendre les biens communs
[modifier] Manifeste pour la récupération des biens communs
Extrait de http://bienscommuns.org/signature/appel/index.php?a=du&c=qsudxs :
- "Vision de la société qui place le respect des droits humains, la participation démocratique et la coopération au coeur de ses valeurs. Les initiatives alternatives se développent dans de nombreux domaines pour la défense de l'eau et des fleuves, de la terre, des semences, de la connaissance, de la science, des forêts, des mers, du vent, des monnaies, de la communication et des intercommunications, de la culture, de la musique et des autres arts, des technologies ouvertes et du logiciel libre, des services publics d'éducation, de santé, assainissement, de la biodiversité et des connaissances ancestrales.
- Les signataires du présent Manifeste, lancé au Forum Social Mondial de 2009, appellent tous les citoyens du monde et leurs organisations à s'engager dans l'action pour la récupération et la mise en commun des biens de l'humanité et de la planète, présents et à venir, afin que leur gestion soit assumée dans une démarche participative et collaborative par les personnes et les communautés concernées et à l'échelle de l'humanité dans la perspective d'un monde soutenable.
- Les signataires appellent tous les citoyens du monde et leurs organisations à approfondir la notion de biens communs, à partager leurs approches et leurs expériences pour la dé-privatisation et la dé-marchandisation des biens communs de l'humanité et de la planète, à articuler les luttes de leurs propres organisations, en renforçant mutuellement leurs campagnes et leurs initiatives.
[modifier] Pétition pour l'extension des biens communs de la connaissance
Voir l'article Pétition pour l'extension des biens communs de la connaissance.
[modifier] Ateliers Biens communs de la connaissance
Site : http://www.fmsd-france.org/?p=135
Le 23 janvier 2010, l'atelier vise à - approfondir et partager la notion de biens communs de la connaissance ; - souligner les impacts des divers mouvements sociaux qui ont fait de la construction des communs leur coeur (mouvement des logiciels libres, chercheurs pour le libre-accès à la science, creative commons,…) ; - montrer l’impact de la théorie des biens communs pour résister à la marchandisation et la taylorisation de la recherche scientifique.
[modifier] Mouvements sociaux
Source principale http://www.fmsd-france.org/?p=61
Les Communs de la connaissance ont donné lieu à l’émergence de nombreux mouvements sociaux du numérique, à des pratiques communautaires dépassant les cercles restreints pour peser sur toute l’organisation de la société en limitant l’emprise du marché et des monopoles dominants sur cette nouvelle construction collective du savoir :
- logiciels libres * scientifiques défendant l’accès libre aux publications de recherche
- paysans opposés à la mainmise sur les semences OGM
- associations de malades oeuvrant pour la pré-éminence du droit à la santé sur les brevets de médicaments
- bibliothécaires partisans du mouvement pour l’accès libre à la connaissance
- auteurs et interprètes qui décident de placer leurs travaux sous le régime des « creative commons »
- rédacteurs de projets collectifs qui construisent des documents partagés sous un régime de propriété ouvert, garantissant la non-appropriation privée, à l’image de Wikipédia ou de Music Brainz
- organismes publics qui partagent leurs données pour des usages libres, commela BBC pour la musique et les vidéos, ou PBS le grand réseau de radio public des Etats-Unis
Avec l’internet, cette notion des Communs de la connaissance connaît à la fois un profond intérêt scientifique et pratique, mais voit aussi un nouveau terrain d’expérimentation. Le réseau numérique est à la fois un outil pour la production de ces communs numériques, et une source de règlement des conflits ou de partage des méthodes d’organisation garantissant la maintenance des communs ainsi construits.
En rapportant la question des Communs à cette double dimension, de la gouvernance d’architectures humaines et de biens collectifs d’une part et de la mise à disposition pour tous et le partage des outils et des connaissances d’autre part, les travaux scientifiques sur les biens communs, dont Elinor Ostrom est une figure majeure, ouvrent des portes nouvelles aux mouvements sociaux du monde entier. En témoigne le récent appel « Pour la récupération des biens communs » issu du Forum Social Mondial de Belèm de janvier 2009.
L’attribution du Prix Nobel d’économie à Elinor Ostrom est donc une excellente nouvelle pour le développement d’une réflexion politique et sociale adaptée aux défis et aux enjeux du 21ème siècle.
[modifier] Opinion des partis politiques
Voici l'opinion des partis politiques (Octobre 2009) sur les biens communs :
Les Verts :
- "Accès aux savoirs", wiki d'Europe Ecoloie sur la question des biens communs, la problématique.
- L’essentiel - Les Verts, rechercher "biens". Extrait Non à la privatisation des biens publics que sont l’éducation, l’eau, la santé, la recherche, la culture, etc. !
- Autres pages à ce sujet
Parti communiste Français PCF, qui développe beaucoup ce sujet :
UMP :
- Le Grand Emprunt et les priorités nationales, rechercher "biens". Extrait : L’Etat n’est certes pas toujours et partout le meilleur acteur. Mais lorsqu’il s’agit de se projeter au-delà des horizons de rentabilité trimestrielle, de mener une action coordonnée, d’accélérer la mise en place d’une infrastructure, de financer ce qui profite à tout le monde mais que personne à titre privé n’a intérêt à produire –autrement dit financer les biens publics– il est irremplaçable
- Autres pages à ce sujet
Parti Socialiste Français PS :
- STATUTS La déclaration de principes, rechercher "biens". Extrait : Il demande enfin une gestion solidaire des biens publics mondiaux au premier rang desquels le climat, l’eau, la bio-diversité.
- Autres pages à ce sujet
Mouvement démocrate :
- programme pour la législature 2009-2014, rechercher "biens". Extrait : Financer l’éducation, la santé et la formation tout au long de la vie des citoyens européens car ces biens supérieurs ne peuvent dépendre exclusivement de la loi du marché.
- Autres pages à ce sujet
[modifier] Pourquoi étendre les biens communs ?
Parmi les sources : Owning Knowledge: Science, Health and Law in an Integrated World - by Committee on Global Thought
[modifier] Les connaissances sont indispensables... pour produire des connaissances !
Les connaissances constituent les matières premières de la production de connaissances ; sans connaissance on ne peut pas en produire de nouvelles.
[modifier] Rechercher si un brevet existe déjà coute plus cher... que faire de la recherche !
Rechercher si un brevet existe déjà coute plus cher que faire de nouvelles recherches. Par exemple :
- sur une molécule potentielle d'un médicament
- développement d'un logiciel : il est probable qu'au moins une partie d'un logiciel enfreint des brevets déjà déposés, d'où les nombreux procès annuels en ce domaine
[modifier] Riche ou pauvre
Le domaine public est le seul domaine dans lequel les pauvres et les riches sont sur un pied d'égalité ; mettons-y tout ce dont le cout de reproduction tend vers zéro, c'est à dire toutes les informations et connaissances car elles sont duplicables à l'infini pour un cout quasiment nul.
Par pauvres et riches il faut comprendre : pays, personnes, entreprises, organisations, associations...
[modifier] Exemple du téléchargement
Source Wikipedia : Le modèle économique du disque
Le disque repose sur la matérialité du support dont l'usage est rival (un seul disque ne peut être utilisé que par un foyer à la fois). La fabrication de disques imposent des procédés industriels. Il s'agit d'une économie de la rareté.
Les innovations technologiques et la numérisation ont cependant permis de rendre le coût de la copie et de la diffusion de l'information extrêmement faible, voire insignifiant, que ce soit en temps ou en argent, et à la portée de tout le monde. Les supports physiques laissent ainsi peu à peu place à des biens immatériels non-rivaux et, dans le cas du piratage sur Internet, non-exclusifs pour lesquels les théories économiques n'appliquent pas la même logique. Il s'agit d'une économie de l'abondance.
- « Lorsqu’on partage un bien matériel, il se divise. Lorsqu’on partage un bien immatériel, il se multiplie. », Serge Soudoplatoff
Pour ces raisons, le prix Nobel d'économie Paul Krugman estime que l'argent dans la culture ne peut plus être réalisé dans la vente de disques, mais dans la vente de produits dérivés et de services.
- « Octet après octet, tout ce qui peut-être numérisé sera numérisé, rendant la propriété intellectuelle toujours plus facile à copier et toujours plus difficile à vendre plus cher qu'un prix nominal. Et nous devrons trouver les modèles économiques et les modèles d'affaires qui prennent cette réalité en compte. », Paul Krugman
Les principes économiques d'exclusivité ne peuvent être appliquées qu'au début de la diffusion d'une œuvre : c'est le cas des salles de cinéma qui diffusent en exclusivité les nouveaux films avant leur sortie en vidéo, puis leur diffusion à la télévision. Dans la vie d'une œuvre piratée, il y a un pique d'abondance, où tout offre payante ne peut concurrencer l'offre pirate. Il y a ensuite une baisse de la disponibilité de l'œuvre couplée à une abondance d'offres non pertinentes où une offre payante peut se développer. Le filtrage est alors le service qui a de la valeur.
Plusieurs autres rapports affirment que l'impact du téléchargement illégal ne serait pas nécessairement négatif pour l'industrie du spectacle : une partie des « pirates » ne serait de toute façon pas consommatrice et trouverait d'autres moyens de contourner les protections, une autre partie reporterait leur budget sur les places de concert et les produits dérivés, et les autres continueraient à acheter autant de CD et DVD, le téléchargement leur servant simplement à faire un premier tri et constituant une promotion à coût nul pour l'industrie du disque.
[modifier] Pourquoi certains s'opposent aux biens communs
[modifier] Pour limiter les capacités d’auto-organisation
Extrait de Une bonne nouvelle pour la théorie des Biens Communs :
- à la suite de Peter Linebaugh, on peut relire l’histoire de la colonisation, de l’esclavage et de la prolétarisation comme une volonté perpétuelle du capital de réduire les communs et d’imposer le règne de la marchandise, à la fois pour dégager de nouveaux espaces au profit, mais aussi pour limiter les capacités d’auto-organisation des populations.
[modifier] Par peur que "les autres" ne jouent pas le jeu
Les communs de la connaissance permettent de tirer un parti incommensurable de la connaissance humaine. Chacun est gagnant, dans des proportions inimaginables.
Mais la résistance au changement est d'autant plus forte. Convaincre les politiciens et les entreprises sera long et difficile, entre autre parce qu'ils n'ont pas réfléchi à l'intérêt que cela représente, et parce que les nouvelles façons de travailler, par mise en commun des efforts de recherche, restent encore à inventer et à expérimenter.
Pire que tout, il faut accepter de penser que "les autres" joueront aussi le jeu : "si je mets en commun mes connaissances, qui me dit que mon voisin fera de même ?".
Les mécanismes de mise en commun doivent rassurer les acteurs en jeu.
Idéalement, on devrait mettre en place le Gnomunisme.
[modifier] Monopoles et intérêts en place
Certains monopoles éprouvent des difficultés à s'adapter à l'économie en réseau de l'information qui le remplacera. Ces intérêts en place exercent des pressions dans tous les sens sur la loi, la technologie et les marchés, pour faire perdurer le modèle précédent.
[modifier] Impact sur les modes de rémunération
L'extension progressive des biens communs à toutes informations et connaissances génère un problème qui perturbe bien des hommes de pouvoir et d'argent : la rémunération des auteurs et inventeurs. A cela deux réponses :
- chacun gagne considérablement à hériter des informations et connaissances produites par toutes les générations présentes et passées ; en soi cela constitue une rémunération colossale
- certains métiers évolueront progressivement comme ce fut le cas pour de nombreux métiers du passé : le producteur de parchemin qui a produit du papier, la dactylo qui est devenue assistante de direction, le producteur de pellicule photographique qui a vendu du numérique, etc.. La liste est infinie et les personnes et entreprises qui ont été touchées l'ont vécu difficilement.
Les métiers touchés directement sont :
- auteurs, compositeurs, cinéastes
- inventeurs, chercheurs, laboratoires de recherche
- journalistes, médias
Les solutions sont nouvelles et restent encore à explorer ou inventer :
- crowdsourcing
- coopération, coopétition, partenariat,
- bénévolat, sponsoring, mécénat
- réorientation des taxes, réorientation de certaines dépenses publiques (pas augmentation des impôts)
- etc, à vous d'inventer
[modifier] Incohérence des chercheurs contre le changement climatique
Certains chercheurs contre le changement climatique sont incohérents : ils prétendent faire des recherches dans un esprit humaniste, dans le but de participer au combat capital contre le réchauffement climatique... et pourtant ils effectuent des recherches en cachant volontairement leurs trouvailles, en gardant secrètes leurs découvertes intermédiaires, dans le but de protéger les intérêts financiers de leur entreprise.
Ils sont docteurs en sciences, ont un bac+8, ont un niveau culturel supérieur à la moyenne, un Q.I. confortable... mais ils ne comprennent pas l'intérêt qu'ils auraient et que l'humanité aurait de mettre leurs recherches (y compris les données brutes et résultats intermédiaires) dans le domaine public. De collaborer avec les entreprises concurrentes au lieu que chaque entreprise fasse les mêmes recherches en double.
La vision courtermiste rend leurs recherches beaucoup moins efficaces.
Leur formatage économique les empêche de mettre en oeuvre des solutions économiques, compatibles avec la mise en commun de leurs recherches, et préservant la viabilité de leur entreprise.
Source http://www.voxinternet.org/IMG/pdf/EuroDIG-FMF.vf.pdf :
- L’accès universel à l'information est une première revendication, récurrente, dans la mesure où la consommation par l’un n’empêche pas la consommation par l’autre et où l'élévation globale du niveau des connaissances est une garantie pour l’avenir. Les mêmes présupposés sont utilisés pour la défense de l'environnement et la construction d’un développement durable.
[modifier] Modélisation scientifique
- N'hésitez pas à modifier ce paragraphe si vous avez des réponses, ou à faire un lien vers des études scientifiques (anglaises ou françaises).
Voir aussi l'article Preuves scientifiques du Gnomunisme.
Quelles sont les réponses de la science actuelle à une telle proposition ?
Quelles modélisations ont été réalisées d'un monde :
- où tout ce que les artistes produisent est instantanément dans le domaine public ? Y aura-t-il encore des artistes ? de quel niveau ? comment vivront ils ?
- où toute innovation d'une entreprise peut être copiée instantanément par toutes les autres entreprises ? Est-ce la mort de l'innovation, ou au contraire l'accélération de la recherche et du progrès ? Comment et qui financera les chercheurs et inventeurs ?
- où tous les pays pauvres peuvent fabriquer leurs médicaments sans rétribuer les laboratoires occidentaux ? Est-ce la fin des progrès contre les maladies, ou les réseaux de coopération entre laboratoires du monde entier vont-ils accélérer les découvertes ?
S'il les modèles sont probants, comment évoluer vers une telle organisation impactant les équilibres financiers dans les domaines de la culture, des arts, des entreprises...?
[modifier] Rushs des films cinéma
Source Kassandre.org Le Partage pour favoriser la création et l’innovation :
- "Sur ses prochaines productions, Kassandre fera l’effort de mettre en ligne l’intégralité des rushs des films, sous une licence autorisant la transformation. Internet et les licences libres doivent servir à capitaliser la production d’images. Progressivement, avec l’aide des réalisateurs qui souhaiteront aussi partager leurs images ; Kassandre mettra à destination des cinéastes une banque de données de rushs réutilisables dans le respect du droit des auteurs."
- "Prenons pour exemple un plan en hélicoptère au dessus de New York, nombreuses sont les productions qui se sont offertes ce luxe, mais leurs images sous copyright ne sont pas réutilisables alors qu’elles seraient bien utiles pour de nombreux réalisateurs. Tandis que si les rushs de cette balade au dessus de New York étaient mises à disposition sous licence libre, cela serai utile pour tous les réalisateurs et les productions qui ne peuvent réunir un budget suffisant pour ce genre d’opérations... et on protège la planète (vous connaissez le coût énergétique d’un hélicoptère...) :-)"
Suggestion : que les réalisateurs de films à grand spectacle mettent à disposition libre sur internet tous les rushs de leurs films. Ainsi des cinéastes indépendants (ou amateurs) pourraient monter leur propre films, les diffuser sur internet, voire dans des salles de cinéma. Ceci aurait des conséquences positives sur le film d'origine en lui apportant une notoriété supplémentaire.
[modifier] Voir aussi
- Pétition pour l'extension des biens communs de la connaissance
- Biens communs
- Biens publics
- (fr) Gnomunisme : Le Gnomunisme consiste à généraliser les biens communs informationnels, en mettant dans le domaine public la totalité de ce qui est duplicable à l'infini : connaissances, créations intellectuelles et artistiques, créations immatérielles, informations
- (en) Gnomunism
- Coopération
[modifier] Liens externes
- Manifeste pour la récupération des biens communs : http://bienscommuns.org/signature/appel/index.php?a=du&c=qsudxs. Voir aussi la page bienscommuns.org
- Le capitalisme informationnel : modes d’analyse et de régulation - http://paigrain.debatpublic.net/docs/pha-tn-capinfo.pdf
- Intercoop, un réseau des réseaux francophones de la coopération, de l'intelligence collective et des pratiques collaboratives ; voir aussi : leurs articles à ce sujet
- Principes pour des données publiques ouvertes
- Connaissances & Communs, ouvrage collectif de l’Association Vecam, à paraître en novembre 2009
- Une liste de 400 sites francophones sous Creative Commons (ou licence libre) dans quelques champs de la vie en société.
- autour des biens communs numériques une liste d'enregistrement vidéos et supports sur le wiki "Brest en biens communs"
[modifier] Moteurs de recherche
Vous pouvez faire des recherches sur les moteurs avec ces exemples de mots clés :
- extension des biens communs
- biens communs informationnels
- communs de la connaissance
[modifier] Elinor Ostrom, Prix Nobel d'économie 2009
Ses travaux portent sur la théorie de l'action collective et des biens communs (matériels ou immatériels). Extraits en ligne en anglais :

